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Avr 24

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Saâles

Description

Les habitants de Saâles sont les Saâloises et les Saâlois.

La commune s’étend sur environ 988 hectares, sa population municipale était au 1e janvier 2013, selon l’INSEE, de 850 habitants pour une population totale de 860 habitants.

Administrativement, la commune dépend de l’arrondissement de Molsheim et du canton de Mutzig (qui a remplacé le canton de Saâles en 2015), son code postal est « 67 420 » et son code commune est « 67 421 ». En plus, Saâles fait partie de la communauté de communes de la Vallée de la Bruche.

 

Origine du nom

Quelques décennies avant Jésus Christ, à proximité de Moyenmoutier dans les Vosges, les Romains exploitaient des puits salant. A partir de là, et pour acheminer le sel vers la Suisse et L’Italie, ils avaient construits une route du sel qui traversait la Haute Vallée de la Bruche. Cette route s’appelait « Via Salinaria » ou « Strata Salinatorum » avant d’être rebaptisée « Voie des Saulniers » sous Louis XIV.

L’origine du nom de Saâles semble provenir de cette antique voie romaine.

Au cours de son histoire le village a connu plusieurs écritures de son nom, le 7 août 1924, par délibération du conseil municipal c’est le nom Saâles qui fut entériné. Il est à noter qu’officiellement l’orthographe retenue ne comporte pas d’accent circonflexe, donc Saâles s’écrit également Saales.

 

Blason

Blason de SaâlesAujourd’hui, le blason de Saâles est un sanglier sur fond or. J’ai pu lire, sur Wikipédia, qu’avant 1945 le blason était un cristal de sel sous la forme d’une étoile couleur or à cinq branches.

Malheureusement je n’ai réussi, ni à trouver d’autres sources pour le confirmer, ni à trouver une image le représentant. Si vous êtes en possession de l’une ou de l’autre, n’hésitez pas à me faire signe via un commentaire ou un mail.

 

Résumé historique

Un siècle avant Jésus Christ un petit village, Celte ou Gaulois, semble déjà exister au lieu-dit « La Moussière », emplacement situé non loin du Saâles actuel.

Au XIe siècle, Salis est mentionné dans une charte du roi de Germanie, le village déjà sous tutelle des Seigneurs du Val de Villé y restera jusqu’à la Révolution Française. Avant 1648, et le rattachement d’une partie de l’Alsace à la France, le village sera frontière entre la Germanie et la Lorraine, le cas se réproduisant entre 1870 et 1918.

En 1261, replié à Molsheim, l’Evêque de Strasbourg rassemble ses renforts pour mener la guerre qui l’oppose à la ville de Strasbourg. Le comte Rodolphe de Habsbourg, neveu du Seigneur du Val de Villé, allié de l’Evêque au début du conflit, va, pour une histoire d’héritage, changer de camp et devenir commandant suprême de la place forte de Strasbourg. Quelques années plus tard, en 1273, Rodolphe de Habsbourg sera couronné Roi de Germanie et Roi des Romains.

En représailles à cette trahison l’armée de l’Evêque, menée par son frère Hermann, déferle sur le Val de Villé, brûle Scherwiller et s’aventure dans la Haute Vallée de la Bruche. Malgré la résistance des paysans de Saâles et de Bruche, ils ne peuvent empêcher que leurs villages soient brûlés. Le même sort attend le Bourg, l’Evreuil, Stampoumont, la Salcée et Ranrupt, en plus s’ajoute la destruction du château du Bourg.

La bataille d’Hausbergen (aujourd’hui Oberhausbergen), aux portes de Strasbourg, le 8 mars 1262, se solde par la mort du général Hermann et la défaite de l’armée de l’Evêque. Ces évènements font de Strasbourg une ville libre et laissent le champ libre à Rodolphe de Habsbourg pour prétendre à la Seigneurie du Val de Villé.

Au XVe siècle, Saâles devient le siège de la paroisse catholique à la place de Bourg. La mairie de Saâles administre les quatre villages que sont Saâles, le Bourg, le Hang et Bruche.

Durant Guerre de Trente Ans, les Suédois incendient le village puis l’attribuent à la famille Veldenz, les Seigneurs protestants du Ban de la Roche. Puis après 1635, ce sont les troupes Françaises qui sévissent à Saâles, le village en plein déclin devient une simple filiale de Bourg-Bruche et finit par perdre le siège du rectorat qu’il avait obtenu au XVe siècle.

Au XVIIIe siècle, profitant de son positionnement géographique sur l’un des principaux axes d’échanges entre les Vosges et l’Alsace Saâles renait, attirant des foires et développant son commerce. En 1744, le village possède un marché hebdomadaire et cinq foires annuelles qui s’étalent sur plusieurs jours, ces dernières débutant les lundis après la Chandeleur, après les Rameaux, avant la Saint Jean, avant la Saint Barthélémy et avant Noël. Cet essor économique fait de Saâles l’un des plus gros bourgs de la Vallée de la Bruche. En plus, le village peut compter sur ses mines de fer situées au lieu-dit « Le Creusny » et « Lune », l’extraction de minerai cessera au début du XIXe siecle. Le centre de la paroisse est à nouveau Saâles.

En 1790, Saâles est détaché du Val de Villé et de l’Alsace pour être rattaché au département des Vosges, le village devient chef-lieu de canton. Canton d’abord rattaché au diocèse de Nancy, puis après 1823, à celui de Saint Dié et enfin à celui de Strasbourg à partir de 1875.

Saâles quitte la France en 1871, le traité de Francfort faisant passer le village ainsi que toute la Vallée de la Bruche en territoire Allemand et Saâles retrouve son ancien rôle de village frontière. Initiée par les autorités allemandes et partiellement financée par la commune, une ligne de chemin de fer reliant Saâles à Rothau est inaugurée en 1890.

Le 10 août 1914, les troupes Françaises entrent à Saâles, le village est bombardé du 18 au 26 septembre, la plupart des habitants sont évacués vers Bischwiller, et après octobre 1914 la population de Saâles est inexistante. Les premiers Saâlois regagnent leur commune en 1919, ils vivent dans des logements sommaires en attendant la reconstruction.

Maire de Saâles depuis 1914, Camille Thiriet et son adjoint Charles Rochelle reçoivent en 1922, au nom du village, la croix de guerre avec la citation suivante :

[pullquote align= »center » textalign= »center » width= »80% »]Saâles, Bas-Rhin, a été en raison de ses sentiments ardemment français, l’objet de brutalité des troupes ennemies qui l’ont presque entièrement détruite. A bien mérité du pays.[/pullquote]

 

En 1928, Raymond Poincaré, président du conseil, assiste à l’inauguration de la voie ferrée Saâles – Saint Dié.

 

En savoir plus

  • Site de la mairie de Saâles.
  • Histoire de Saâles par André Grangjean sur le site de Pierre Juillot.

Lien Permanent pour cet article : http://www.valleebruche.com/533/saales/

(2 commentaires)

  1. jf michel

    la via salinaria !
    dans son histoire de la lorraine Dom Calmet parle de la via sarmatorum et il ajoute , entre parenthèses : peut être faut il lire salinatorum …….
    c’est à ce moment qu’est née la via salinaria !

    personnellement je penche pour les sarmates et non pas les sauniers.
    en effet, le sel aurait été en provenance de puits salés à Moyenmoutier !
    mais ces puits auraient ils justifié la construction d’une voie romaine ?
    je ne crois pas !
    dans la région il y a des dizaines de sites dont le nom pourrait évoquer le sel. mais j’ai la certitude que ce qui est en question ce sont des saules ! ! !

    1. tophe

      Merci d’avoir partagé votre analyse.
      Il est certain que pas mal de questions et d’incertitudes existent sur l’origine des noms dans la région.

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