«

»

Mar 23

Imprimer ce Article

Le Donon

Le Donon, un sommet visible de très loin

Il y a quelques mois, installé dans un TGV Paris-Strasbourg et profitant du paysage Lorrain, mon regard fût attiré par une forme familière, tellement familière qu’il ne m’a pas fallu plus d’un souffle pour l’identifier. Deux sommets relativement pentus et proches, séparés par un creux bien marqué, formant comme un « U » aplati et dominant tout le reste, aucun doute, ce jour-là au loin, c’est bien le Donon que je contemplais.

Donon

Ce fut une belle surprise car au fil des années et à force de le contempler tous les jours, mon esprit avait associé Donon et Vallée de la Bruche, il me paraissait invraisemblable que d’ici, quelque part en Lorraine, l’on puisse aussi l’apercevoir. D’ailleurs, lors de mon trajet en voiture de Strasbourg vers Schirmeck, je me suis, je pense, pour la première fois rendu compte que le Donon était visible presque tout du long.

Cette petite expérience m’a permis de comprendre pourquoi la Donon avait une telle histoire, pourquoi plusieurs millénaires avant notre époque il était déjà utilisé. Il est visible de loin et de beaucoup d’endroits, sa forme est très reconnaissable, de fait le Donon est un repère immanquable, le lieu idéal pour se retrouver.

Temple du DononLe Grand Donon, au niveau du temple, culmine à 1 009 mètres d’altitude. Son petit frère plus à l’est, le Petit Donon s’élève, lui, à 964 mètres. Entre les deux, à 823 mètres d’altitude se trouve le col d’Entre-les-Donons, anciennement le principal point de passage entre la Vallée de la Bruche et la Lorraine. Si vous avez lu les précédents articles, ce col entre les deux Donon était également une des limites entre la Principauté de Salm, dont le Grand Donon faisait partie, et le Bailliage Episcopal de Schirmeck, dont le Petit Donon faisait partie.

 

Le Donon un lieu de culte millénaire

L’histoire du Donon commence quelques 3000 ans avant J-C., au néolithique, datation qui s’appuie par des découvertes sur le site d’outils en pierre polie. D’autres matériels, cette fois datés de l’âge de bronze et de l’âge de fer, seront aussi trouvés confirmant ainsi une activité humaine régulière au Donon.

Suivant les époques, le Donon était utilisé comme lieu de culte par les celtes et par les romains. Y étaient, semble-t-il, célébrés les dieux Teutatès, Mercure, Vogesus, Cernunnos et la déesse Hécate, sont également présentes sur le site des statuts du Cavalier à l’Anguipède.

Tablettes do Donon

A partir du 2e siècle, des bâtiments en pierre et en bois sont construits sur le Grand Donon, le sommet est aménagé pour le culte. Développement du Christianisme et évangélisation de la population par les moines conduisent peu à peu à l’abandon de la célébration des « anciens dieux », les différents bâtiments et aménagements sont détruits et après le 8e siècle le lieu de culte tombe définitivement en désuétude.

Ruines DononC’est mille ans plus tard que les frères Alliot, Hyacinthus et Petrus, respectivement abbé de Moyenmoutier et abbé de Senones, découvrent les vestiges au sommet du Grand Donon. Il s’en est suivi de très nombreuses fouilles archéologiques, qui se s’achèveront  par une dernière campagne faite de 1934 à 1938.

 

La construction du temple musée du Donon

En 1869, financé via une souscription initiée par le docteur Bédel de Schirmeck et réalisé par l’architecte Louis-Michel Boltz, un temple est construit au sommet du Donon. Pendant presque un siècle, ce dernier servira de musée où sont entreposées, derrière ses grilles, les trouvailles archéologiques faites sur le site. En 1958, ce qu’il en reste est transféré au musée archéologique de Strasbourg et au musée d’Epinal. Aujourd’hui le temple, sans les grilles, est accessible à tous promeneur qui aura le courage d’effectuer l’ascension, rien que pour le panorama qu’offre le sommet, il serait impardonnable de ne pas y aller au moins une fois.

Temple du Donon

 

Situation géographique du massif du Donon

Le massif du Donon est un ensemble gréseux qui commence aux environs de Raon-l’Etape et se termine au Schneeberg, à proximité des villages de Wangenbourg et d’Engenthal. Son réseau hydrographique est très dense, de nombreuses rivières et ruisseaux y prennent leur source, les principales étant la Plaine, la Vezouve, la Sarre, la Zorn, le Framont, le Netzenbach, le Tommelsbach, la Hasel et le Rabodeau.

Le Grand Donon,  avec ses 1 009 mètres, ne constitue pas le plus haut sommet du massif, il est surpassé par un proche voisin, le Rocher de Mutzig qui culmine à 1 010 mètres d’altitude.

 

Victor Hugo et le Donon

Le Donon, comme beaucoup d’endroit de la Vallée de la Bruche, possède ses légendes et histoires, que je ne vais détailler ici, exception faite de celle lié à Victor Hugo. D’après une lettre de Léopold Hugo à son fils Victor, celui-ci aurait été conçu au sommet du Donon. Une plaque gravée et qui se trouve sur une roche du sommet indique : « En ce lieu le V floréal An IX fut conçu Victor Hugo ». Chacun se fera son opinion, mais comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu.

 

Galerie photo du Donon

 

 

Sources utilisées pour cet article :

Lien Permanent pour cet article : http://www.valleebruche.com/378/le-donon/

(2 commentaires)

  1. Christophe

    J’espère que tu sais, tophe, que depuis le temple païen du Donon, par temps exceptionnellement clair, il est possible d’apercevoir les Alpes suisses (entre le Champ-du-Feu à gauche et le Haut-Koenigsbourg à droite) ? C’est explosif pour les yeux (240 km à vol d’oiseau, quand même ! ).

    1. tophe

      Oui je le sais et malheureusement je n’ai encore jamais eu l’occasion d’assister à ce spectacle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*